MESSAGE D'ACCUEIL

Bienvenue à tous.

AU VERSO DES MOTS est un blog dédié à mon travail de création et à ce qui le nourrit, le bouscule, l'élargit.

Vous y trouverez différents espaces :

* Textes. De l'écrit court errant dans le réel et la fiction d'ici, de là, parfois de nulle part.

* Photographies. Accumulation de fragments visuels sur l'autour de soi. Dégainer mon œil, percuter le vôtre.

* Vidéos-poésie. Fusion de l'écriture et de l'image en mouvement. Les éléments s'ébranlent, se perdent les uns dans les autres, tergiversent dans le temps. Un autre regard se pose sur le monde.

* Carnets de création. Là où les projets longue durée dévoilent leur intimité. Démarche de travail, extraits de textes, micro-projets inédits, contenu externe…

* Notes de travail. Réflexion sur la matière en jeu. Son mouvement, ses rengaines, son éphémère.

* Publications. Ensemble de mes participations à des appels à projets.

* Le petit atelier. Invitation à partager un moment ensemble. Micro-projet commun, atelier d'écriture, atelier photo… 

* Visages d'ailleurs. Une peinture, une musique, un extrait de livre… Ce que ça éveille, consolide, entraîne comme bifurcations possibles dans mes recherches.

La colonne de gauche vous invite à vous abonner au blog et à me rejoindre sur FACEBOOK, FLICKR, TWITTER et YOUTUBE. Manière d'étirer la promenade, la curiosité, la rencontre. 

La colonne de droite vous emmène (y compris en cliquant sur les photos) chez d'autres bloggeurs, auteurs, photographes, vidéastes… amateurs ou professionnels pour lesquels j'ai une certaine appréciation.

Bonne visite.

Et si vous souhaitez m'envoyer une suggestion, une proposition à croiser nos regards sur un projet commun, une demande à exposer ou à performer dans votre revue, espace culturel, association, en appartement… contactez-moi par e-mail à annick_brabant@yahoo.com

Annick Brabant
CARNET DE CRÉATION - ATELIER D'HIVER 2019 DE FRANÇOIS BON - PROPOSITION D'ÉCRITURE 1/15


Ton visage a la couleur d’un autrement haletant dans la brume, empruntant les jeudis en deuil de tes souvenirs, cataplasme de lignes de passage, dysorthographie du temps.

Aujourd’hui ce n’est plus ta bouche qui écarte les mots pour chercher une place où te dire, ce sont les mots qui remplissent de fragments l’abîme qu’était devenue ta gorge, recouvrent les plaies de l’attente.

À l’aube de ton œil, un peu de suie.

Et ta lèvre flatter la mort, et la mort flatter le givre.

Mort en il, quel je en bouche ?

Tu renverses les repères de ta langue dans les plis inégaux de leur regard, soudes ton souffle, je acquitté.

Je, langue jetable, et parfois le ressac sur le bout des doigts.

Je, langue à reculons, se contenter d’un ciel bleu pour dire que tout va bien.

Languir le je d’être langue fugace, l’haleine d’un il pour point de chute.

– Me laisseras-tu enfreindre tes yeux ?
– Ça dépendra de l’âge de tes chagrins.

Sa paupière, trappe d’eux, et de lendemains.

Combien d’échardes dans l’esquisse d’une seule lèvre ?

Combien de fois encore défroisser les lignes de ton front pour te rappeler l’inutilité de tes inquiétudes ?

Ton visage, mécanique d’une enfance qui n’est déjà plus à l’ouvrage, l’œil dispersé dans le fatras d’héritages importés d’ailleurs, et le vent qui ne cesse de te refouler.

Refuser de dire le visage, le rendre inexistant, prive le lecteur de tout jugement d’apparence, de toute comparaison, l’oblige à rencontrer le personnage dans ses urgences. Y a-t-il au moins un corps quelque part pour donner une direction ?
PUBLICATION

Participation à l'hommage collectif au texte 'Bomb' de Grégory Corso, sous l'impulsion et la direction de François Bon.

VISAGE D'AILLEURS - MARIA FRODL



présent car-jacké
on vieillira dans l'à redondance de nos souvenirs

il ne reste de ta mort que le soupir d'un cerf-volant

cvvcxv


étriquer le je dans le tu
néon

à se chamailler la langue
à déshériter l'exactitude
habiter l'inhabitable

toutes nos évidences dans l'à ras bord
obus